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Φεστιβάλ Prix de court 2026: Η Ella Moun βάζει τον Μαρτινικανό κινηματογράφο στο επίκεντρο και φεύγει με τρεις διακρίσεις

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C'est une soirée dont Ella Moun se souviendra longtemps. Présenté dans la sélection principale de la 13e édition du Festival Prix de Court, son film Adan nanm ek kò (« Dans l'âme et le corps ») a séduit le jury présidé par le réalisateur, scénariste et directeur de la photographie Khris Burton.

Hier (samedi 20 juin), au cinéma Agora de Matoury, en Guyane, le court-métrage repart avec trois récompenses majeures : le prix de la meilleure bande originale décerné à la compositrice Irina Prieto, le prix du meilleur scénario attribué à Ella Moun, ainsi que le Prix de Court 2026, distinction suprême du festival.

« Ces récompenses représentent pour moi la reconnaissance du travail accompli avec toute une équipe vraiment talentueuse et bienveillante qui a porté ce projet dès le départ », a réagi la réalisatrice. « C'est formidable de recevoir ce prix. »

Un film sur les violences faites aux femmes

Adan nanm ek kò raconte l'histoire de Chérinise, emprisonnée pour le meurtre de son mari. En détention, elle tente de survivre à l'enfermement grâce au soutien de deux codétenues. Hantée par ses traumatismes, elle se met à écrire compulsivement des poèmes sur les murs de sa cellule avant de les inscrire sur son propre corps.

Lauréat 2024 de la Commission Ateliers du GREC et soutenu par l'Agence Régionale de Santé, le film aborde les thèmes de la violence, du silence et de la reconstruction.

L'idée est née d'un appel à projets intitulé En travaux.

« Cela m'a amenée à me questionner sur la position de la femme dans la société et sur toutes ces injustices que beaucoup de personnes vivent encore aujourd'hui. Cet enfermement et tous ces mots qui n'osent pas être dits. Que les personnes en souffrance n'osent pas prononcer. J'ai eu envie de les écrire. »

Ella Moun, réalisatrice

À travers cette œuvre, la dramaturge martiniquaise poursuit son exploration des réalités sociales caribéennes.

Une pensée particulière accompagne cette récompense. « J'ai une pensée pour les personnes que j'ai rencontrées dans le cadre de ce projet, qui sont malheureusement victimes de violences, notamment de violences sexuelles. J'ai envie de leur dire : vous n'êtes pas seules, tchimbé red », confie-t-elle.

Un parcours encourageant pour le cinéma martiniquais

Après deux premiers courts-métrages autoproduits, Ella Moun signe avec Adan nanm ek kò son troisième film, produit par le GREC. Un parcours qu'elle juge encourageant.

« Au départ, on commence à filmer avec son téléphone portable. On a envie de raconter des choses, mais il n'y a pas les moyens. Puis on se forme, on affine sa vision et on réussit à fédérer des personnes autour d'un projet. Quand on obtient ce résultat, cela donne envie de continuer à écrire. »

Ella Moun, réalisatrice

La réalisatrice porte également un regard optimiste sur le développement du cinéma en Martinique. « Beaucoup de choses se mettent en place. Beaucoup de personnes œuvrent dans l'ombre pour que cette industrie se développe. Nous avons tout ce qu'il faut pour avancer. »

Les autres lauréats du festival

Le film Gloria de Marvin Yamb a également été distingué avec deux récompenses : le prix du meilleur interprète remis à Widchy Noël ainsi que le prix coup de cœur du jury.

Le prix du public a été attribué à Douvan jou d'Amy Destin et Florian Soleil.

Le prix des écoles est revenu à Entre 2 de Cyril Vila, Laetitia Lebel, Danaë Icaré et Samuel Desmontis.

Le prix du meilleur espoir a récompensé Jeux d'enfant de Jefferson Guillaume.

Créé en 2010, le Festival Prix de Court est devenu l'un des rendez-vous incontournables du cinéma ultramarin francophone, mettant en lumière les talents de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe et désormais de La Réunion.