Il l'avait déjà fait pendant son premier mandat, estimant que les Européens ne payaient pas assez pour leur sécurité. Il semblait d'ailleurs penser que cet argent était dû à l'OTAN ou aux États-Unis, alors que l'on parle des budgets nationaux de défense.Pour calmer Trump numéro 2, mais aussi dans un contexte de menaces bien plus périlleux, les pays de l'OTAN ont décidé l'an dernier de monter leurs dépenses de défense à 5% du PIB, un chiffre artificiellement gonflé avec des dépenses d'infrastructure pouvant être considérées comme liée à la sécurité : il fallait satisfaire le président des États-Unis. Ce fut le moment de gloire de Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, qui s'est senti obligé d'appeler Donald Trump « Daddy », papa… On en est loin aujourd'hui, la guerre israélo-américaine en Iran a changé la donne.
Donald Trump ne comprend pas, ou feint de ne pas comprendre, que les Européens n'aient aucune envie de participer à une guerre pour laquelle ils n'ont été ni consultés, ni prévenus, ni sollicités ; et qu'on les appelle quand ça tourne mal. Une guerre hors des clous du droit international, dont les buts diffèrent selon qu'on écoute Israël ou les États-Unis, et qui changent tous les jours.Le problème est plus vaste. Dans le même discours, Trump s'en prend une nouvelle fois à l'Ukraine, et regrette les armes et munitions qui lui ont été livrées et qui seraient bien utiles contre l'Iran. C'est une partie du problème : l'Ukraine, c'est l'héritage de Joe Biden, un obstacle à son rapprochement avec Vladimir Poutine ; l'Iran c'est SA guerre.Les Européens ne sont pas prêts à voir disparaître l'OTAN, et feront tout pour garder les États-Unis à bord. Mais ils savent que l'OTAN est, de fait, morte dans sa conception historique : Donald Trump l'a tuée. Ils n'ont pas d'autre choix que d'imaginer une OTAN dans laquelle le pilier européen prendrait l'ascendant. C'est une révolution culturelle à opérer, vitale et urgente.




