Αρχική Σόουμπιζ Gennevilliers, ευρωπαϊκή πρωτεύουσα του bandoneon

Gennevilliers, ευρωπαϊκή πρωτεύουσα του bandoneon

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C’est une journée placée sous le signe du bandonéon ce mercredi à Gennevilliers. Indissociable du tango, cet instrument est pourtant né en Allemagne au 19e siècle. Louise Jallu fait sa rencontre à l’âge de 5 ans, avant de l’étudier, ici, au Conservatoire Edgard-Varèse de Gennevilliers. Il est aujourd'hui un peu comme sa propre voix : « C'est un instrument extraordinaire, parce que c'est une sorte de gros poumon. Il a deux claviers différents, à droite et à gauche, et on inspire ou on expire. Sa tessiture est à peu près celle du clavecin, ce qui nous permet d'explorer tout un tas de styles, de genres, et de possibilités ».

Le Conservatoire de Gennevilliers est donc le premier qui a ouvert une classe de bandonéon. « C'était il y a plus de trente ans et un peu par hasard », raconte son fondateur, le compositeur Bernard Cavanna. Dans les années 80, il s’initie au tango pour l'écriture d'une pièce et fait la rencontre du bandonéoniste Juan José Mosalini. Quelques années plus tard, devenu directeur du conservatoire de Gennevilliers, il invite ce dernier pour un concert, ce qui marque le début de l'aventure : « On s'est dit mais pourquoi pas essayer d'organiser un stage ? Et là des musiciens sont venus de toute la France, un facteur de Belfort, un ancien retraité du Nord, même des Argentins, des Italiens, des Coréens .. Tout le monde est venu ici et donc nous avons commencé à installer deux grandes classes avec Cesar Stroscio et Juan José Mosalini. Et ça s’est beaucoup développé, ça a pris une proportion assez importante ».

Au fil des années, ces classes ont accueilli beaucoup d'élèves devenus musiciens professionnels. « A chaque fois que j'entends un ensemble de tango, il y a au moins une personne qui est passée par chez nous », affirme Bernard Cavanna. Aujourd’hui au nombre de trois, elles comptent 37 élèves, âgés de 5 à 75 ans, avec des cours individuels et des orchestres, comme l'Orchestre tango Junior en train de répéter pour le concert de ce samedi. Au premier rang, Salomé, 15 ans, joue du bandonéon au Conservatoire de Gennevilliers depuis ses 6 ans : » Lors des portes ouvertes du Conservatoire on peut essayer plein d'instruments. Et j'ai accroché sur le bandonéon, parce qu'au départ je voulais faire de l'harmonica, et le bandonéon s'en rapproche. » Aujourd’hui encore, raconte-t-elle, son instrument suscite la curiosité de son entourage : « Personne ne sait ce que c'est, et donc je suis à chaque fois obligée d’expliquer de quel instrument ça se rapproche, d'où ça vient.» Son apprentissage est-il difficile ? « C’est très compliqué, parce qu'il y a beaucoup de notes et en poussant, en tirant, ce ne sont pas les mêmes. Il y a plein de choix de partitions, on peut jouer tout avec et c'est ce qui fait sa beauté un peu. »

Lors de ce concert, les élèves vont interpréter des pièces composées sur mesure par Louise Jallu. La musicienne, qui souhaite diversifier, élargir le répertoire de cet instrument, a également écrit une méthode qui sortira en septembre prochain : « Au départ, ce sont donc deux Argentins, Cesar Stroscio et Juan José Mosalini, qui ont enseigné cet instrument de manière plutôt orale, avec leur bagage culturel. Au fur et à mesure, nous essayons de développer un répertoire édité et riche de cet enseignement unique au monde car, à part en Argentine, il n’y a pas de classes de bandonéon dans une institution, avec trois cycles. Nous sommes les seuls en Europe, et nous souhaitons que tout le monde puisse profiter de cette richesse ».Au sein du conservatoire, ces classes de bandonéon font partie du département tango dirigé par Juanjo Mosalini, le fils de Juan José Mosalini et elles côtoient notamment les départements de musiques orientales et afro-cubaines. Nathalie Robert, est la directrice administrative du conservatoire : « C'est une fierté d'être en capacité de proposer d'autres répertoires que le répertoire classique, même si ce dernier reste important. C'est une richesse aussi bien pour les élèves que pour les enseignants, pour les musiciens, et même les danseurs, d’avoir tout cela dans un même lieu, comme s'ils voyageaient à travers le monde alors qu'ils sont juste à Gennevilliers. »C'est justement cette ville qui respire au rythme du bandonéon que Louise Jallu va célébrer ce samedi, avec ses élèves et son quintette. Ainsi que son instrument, évidemment, qu'elle fera voyager entre les styles, avec notamment la création Sonatines Elements de Bernard Cavanna.Louise Jallu, « À Gennevilliers Toujours » Bandonéon sans frontières
Gennevilliers – Salle des fêtes, Samedi 11 avril 2026 – 19h
dans le cadre de la célébration des 10 ans de la construction
du nouveau Conservatoire Edgar-Varèse de Gennevilliers

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