C'est un enjeu qui dépasse grandement les frontières de l'UE : Orban a et de Washington dans cette tentative d'éviter une défaite dont le retentissement serait considérable. Une telle sainte alliance aurait semblé anachronique il y a encore un peu plus d'un an ; elle ne surprend personne dans le réalignement des planètes politiques et géopolitiques en cours.Le vice-président américain rencontre aujourd'hui Viktor Orban, et surtout, il va prendre la parole en public en soutien au parti Fidesz du premier ministre. Cette ingérence spectaculaire n'est pas une surprise : a annoncé la couleur il y a un an à la Conférence sur la sécurité de Munich, peu après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.Il avait fustigé les Européens accusés d'avoir vendu leur âme à l'immigration et au wokisme. Et pour bien montrer ses choix à la veille des élections allemandes, il avait refusé de rencontrer le premier ministre sortant, le social-démocrate Olaf Scholz, et lui avait préféré la dirigeante du parti d'extrême droite AFD, Alice Weidel. En décembre dernier, un document officiel de l'administration Trump avait repris cette même antienne, et considéré que la montée des forces dites “patriotiques” était le seul espoir de l'Europe.
Vance arrive à un moment décisif de la campagne. La Serbie a annoncé la découverte d'explosifs sur un pipeline reliant son territoire à la Hongrie, et Budapest accuse à demi-mots l'Ukraine. Mais le chef des services secrets serbes a pris ses distances avec cette accusation, et l'opposition hongroise parle de “false flag”, une expression qui désigne un leurre, un coup monté pour influencer les électeurs. L'arrivée du vice-président dans ce contexte est électrique.Mais la question se pose : le soutien de l'administration Trump est-il un cadeau en ce moment, vu l'impopularité de la guerre en Iran et de Donald Trump dans les opinions européennes ? Orban joue son va-tout en allant chercher à Moscou du gaz pas cher, et en recevant la bénédiction de J. D. Vance.Cela servira assurément de test pour les autres formations d'extrême droite en Europe. Marine Le Pen, qui était à Budapest il y a deux semaines pour apporter son soutien à Orban, veut-elle vraiment coller à Trump et à son entourage ? Même Giorgia Meloni, en Italie, a pris ses distances avec la guerre en Iran, et l'AFD allemande a demandé à ses cadres de réduire les contacts avec les MAGA, les pro-Trump américains. Pour toutes ces raisons, le scrutin de dimanche est d'une importance capitale.




