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Κινηματογράφος: Το Canal+ θέλει να σπάσει με 600 επαγγελματίες που υπέγραψαν το φόρουμ κατά του Bolloré

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Quand une tribune devient une liste noire… La riposte n’a pas tardé et elle est cinglante: six jours après la parution d’une tribune anti-Bolloré dans le cinéma, le patron de Canal+ a affirmé dimanche à Cannes que son groupe ne travaillerait plus avec les quelque 600 professionnels signataires du texte.“J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix”, a déclaré Maxime Saada, président du directoire de Canal+, premier financeur du cinéma français dont Vincent Bolloré est l’actionnaire principal.“En conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition”, a lancé M. Saada qui s’exprimait lors d’un événement sur la Croisette.Signée notamment par Juliette Binoche, Swann Arlaud et Adèle Haenel, la tribune dénonce “l’emprise grandissante de l’extrême droite” dans le cinéma par l’intermédiaire du milliardaire conservateur, qui fait déjà l’objet d’une fronde dans l’édition menée par quelque 200 auteurs publiés chez Grasset.La tribune s’alarmait notamment de la volonté de Canal+ de s’emparer de la totalité du capital d’UGC, le réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34% en septembre et qu’il espère contrôler dans sa totalité à partir de 2028.“En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif”, écrivaient les signataires qui comptent des producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et comédiens.Dans son allocution, que l’AFP s’est procurée, Maxime Saada estime que cette tribune revient à qualifier les équipes de Canal+ de “crypto-fascistes”. “Eh bien moi je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là“, a-t-il déclaré lors du “brunch des producteurs” organisé par son groupe à Cannes.

Dans une réaction transmise à l’AFP, le collectif Zappons Bolloré, associé à la tribune, affirme que la “menace” brandie par M. Saada confirmait leurs “craintes”. “Pouvons-nous encore croire à l’indépendance de Canal+ vis-à-vis du milliardaire d’extrême droite, contre lequel il est désormais officiellement impossible de s’exprimer?”, a-t-il déclaré.Signataire de la tribune, le cinéaste Arthur Harari, retenu en compétition cette année avec “L’Inconnue”, récuse, lui, toute critique contre les équipes de Canal+ mais assume d’avoir exprimé un “questionnement sur la dimension politique du groupe Bolloré”. “Je pense qu’il faut juste nommer les choses plutôt que de les laisser comme une espèce d’impensé”, a-t-il dit à l’AFP.Jusqu’à la riposte de Maxime Saada, la tribune avait rencontré un écho limité auprès des professionnels réunis sur la Croisette cette semaine, beaucoup d’entre eux peinant à déceler un changement de ligne idéologique au sein de Canal+.Tout en comprenant “l’inquiétude” ambiante, le réalisateur Pierre Salvadori avait assuré mercredi à Cannes que des “garanties d’indépendance” existaient encore au sein du groupe.“Tant que je ne me sens pas trahi à cet endroit-là et tant qu’ils respectent ces garanties, je suis à l’aise”, avait précisé le réalisateur de “La Vénus électrique”, projeté en ouverture du festival.En lice pour la Palme d’or, la cinéaste Charline Bourgeois-Tacquet avait, de son côté, relevé auprès de l’AFP qu’elle avait pu faire financer par Canal+ son film “La vie d’une femme” qui évoque les hôpitaux en souffrance et une histoire d’amour entre femmes.“Ça ne veut pas dire que ça va être possible toujours. Mais pour l’instant, c’est ça, la réalité”, a-t-elle dit à l’AFP.D’autres professionnels contactés par l’AFP estimaient, eux, que la tribune ratait sa cible en occultant la baisse des financements décidée par Canal+ en janvier 2025, qui fragilise dès à présent la filière sans être liée à des questions idéologiques.Début 2025, Canal+ avait baissé son enveloppe en s’engageant à allouer jusqu’à 170 millions d’euros à la filière d’ici à 2027, contre 220 millions auparavant, mécontent d’un accord permettant à Disney+ de diffuser des films neuf mois après leur sortie en salles.