Dans les mains d'un petit garçon, un casque de la Seconde Guerre mondiale raconte bien plus qu'un simple souvenir. Il appartenait à son arrière-grand-père, Benjamin Brial, dit Famino.
Né à Wallis d'un père français et d'une mère wallisienne, il se trouve en Nouvelle-Calédonie lorsque la guerre éclate. Comme beaucoup de jeunes de son époque, il souhaite s'engager. Mais un obstacle se dresse : il est trop jeune.
Déterminé, il falsifie la signature de son père pour pouvoir partir avec la deuxième vague de volontaires. Il rejoint ainsi ses deux frères en Australie en Octobre 1942.
Des engagements méconnus venus du Pacifique
L'histoire des frères Brial n'est pas isolée. Les archives militaires révèlent que plusieurs Wallisiens et Futuniens se sont engagés dès 1941 dans la Seconde Guerre mondiale.
Pendant longtemps, ces parcours sont restés dans l'ombre. Mais certains passionnés ont entrepris de les faire revivre.
C'est le cas d'Esitio Laufilitoga, militaire à la retraite, qui a mené deux années de recherches à Nouméa. Il a notamment permis d'identifier plusieurs combattants originaires de Wallis et Futuna.
Pourquoi les volontaires de Wallis-et-Futuna devaient passer par la Nouvelle-Calédonie
Le contexte historique explique en partie cette invisibilité. En 1940, après l'appel du 18 juin, de nombreux Wallisiens et Futuniens souhaitent s'engager. Mais leur territoire est alors un protectorat.
« le résident Vrignaud qui représentait la France à Wallis et surtout Monseigneur Poncet qui représentait le clergé restent fidèles au Maréchal Pétain, donc au régime Vichyste. Finalement les wallisiens qui résident sur Wallis ne peuvent pas techniquement devenir des volontaires. »
Pascal Schroetter, professeur d’Histoire et Géographie
Les volontaires doivent donc se rendre en Nouvelle-Calédonie pour être reconnus officiellement.Conséquence : dans les archives, ils sont souvent enregistrés comme Calédoniens, ce qui complique leur identification aujourd'hui.
Des parcours de combattants entre mer et terre
Parmi les figures identifiées, plusieurs noms émergent :
- Benjamin Brial et Falakiko Fao servent comme marins mécaniciens dans les forces navales.
- Jean Brial, Victor-Emmanuel Brial et Papilio Togolei combattent au sein du Bataillon du Pacifique, dans l'infanterie.
Falakiko Fao, connu sous différentes identités dans les archives, recevra plusieurs distinctions, dont la Légion d'honneur.
Sa fille témoigne :
« J'ai écrit l'histoire de papa en me basant sur tous les documents que j'ai pu récupérer. J'ai fait un journal que j'ai distribué à tous mes frères »
Christiane FAO, fille d'un ancien combattant de la seconde guerre mondiale.
Préserver et partager ces histoires permet de construire une mémoire collective plus complète, où les Wallisiens et Futuniens trouvent pleinement leur place dans l'histoire mondiale.
Le reportage complet de Mélodie Sione, Olivia Garrett et JF Puakavase:





