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Τραγούδια της Ουαλισίας που επισκέφθηκαν ξανά η AI: ένα φαινόμενο που σαγηνεύει το κοινό αλλά ανησυχεί τους καλλιτέχνες

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Dans les voitures, les commerces, les restaurants ou sur les téléphones, difficile d'y échapper. Depuis plusieurs mois, des chansons traditionnelles et des morceaux emblématiques d'artistes wallisiens sont repris, remixés ou entièrement recréés grâce à l'intelligence artificielle.

Ces nouvelles versions, largement diffusées sur les réseaux sociaux, séduisent une partie du public. Mais derrière cet engouement, le monde de la musique locale s'interroge.

« Le fruit du travail de toute une vie »

Pour Atelemo Laualiki, auteur-compositeur et leader du groupe Talahaulogo, ces reprises générées par ordinateur dépassent la simple réinterprétation.

« J'ai mal au cœur parce que c'est le fruit du travail de toute une vie qui est bafoué, piétiné. À mon sens, on se doit de respecter le travail d'autrui et de ne pas se l'approprier comme ça. Ces chansons ont une histoire. Les enregistrer et les sortir en cassette n'a pas été facile. »

Atelemo Laualiki

Au-delà de la technologie, c'est la reconnaissance du travail des créateurs qui est au cœur de ses préoccupations.

Entre création artistique et uniformisation

D'autres musiciens adoptent un regard plus nuancé. Professeur de musique, auteur-compositeur et lui-même adepte des remix, Safoka Likuvalu rappelle que revisiter une œuvre n'est pas un phénomène nouveau.

« Nous faisions déjà des remix pour créer quelque chose de différent artistiquement, pas pour voler une œuvre », explique-t-il.

En revanche, il estime que l'intelligence artificielle risque de standardiser la musique.

« On finit par entendre les mêmes voix, les mêmes transitions d'instruments, les mêmes façons de chanter. C'est dommage pour la culture musicale wallisienne, qui est censée être unique. »

Safoka Likuvalu

Une menace pour les artistes de demain ?

Pour le chanteur Soane Kafoa, la popularité de ces reprises soulève une autre question : celle de l'avenir des interprètes.

« À Wallis, on écoute énormément de reprises faites par l'IA. C'est propre, c'est beau, mais cela me fait peur. À terme, il n'y aura peut-être plus d'artistes. Et même si ces versions sont belles, la prononciation de la langue wallisienne n'est pas toujours fidèle. »

Soane Kafoa

Une inquiétude partagée par plusieurs musiciens qui redoutent que la facilité de production offerte par ces outils, ne décourage progressivement la création originale.

Miser sur ce que l'IA ne remplacera pas

Face à cette évolution, certains artistes choisissent de revenir à l'essentiel : la scène. Pour Sanele Holokaukau, la rencontre avec le public reste irremplaçable. « Il faut aller sur le terrain, prendre son instrument et jouer devant les gens. C'est le seul moyen de garder ce lien. »

Alors que les outils d'intelligence artificielle continuent de gagner du terrain, les questions du droit d'auteur, du respect des œuvres originales et de la préservation du patrimoine musical wallisien, deviennent de plus en plus centrales. Entre innovation technologique et protection de la création locale, le débat ne fait que commencer.