Ces quatre obus font partie de la trentaine de munitions stockés dans les recoins de la Citadelle, notamment dans les magasins à poudre, cavités éloignées des galeries et peu accessibles. En l’occurrence, le musée d’Histoire de la Citadelle était au courant de leur présence, mais a décidé de faire une sorte d’inventaire. “Ces obus sont stockés là depuis environ une cinquantaine d’années, explique Alexandre Accard, responsable du développement de la Citadelle de Belfort. On ne sait pas exactement comment ils sont arrivées là , il n’y a pas vraiment de traçabilité”. Ici, ce sont des munitions allemandes de la Première Guerre mondiale, mais on trouve aussi à la Citadelle des munitions françaises, qui peuvent aussi dater de la guerre de 1870.Une fois neutralisés, c’est-à -dire mis hors d’état d’exploser, le musée d’Histoire de la Citadelle compte bien récupérer les obus pour les exposer. “C’est intéressant d’en présenter un, peut-être un deuxième en coupe”, confirme Vicky Roux, responsable des collection. Elle aimerait pouvoir prêter les deux autres pièces à d’autres institutions.
Outre le poids de chaque obus (400kg) et le fait qu’ils soient encore amorcés, les conditions de travail des démineurs sont particulièrement compliquées dans les galeries de la Citadelle de Belfort. C’est pour ça que le centre interdépartemental de déminage de Colmar, en charge de ce type d’opération sur la zone, a fait appel au Groupe de déminage en milieu périlleux (GDMP).“Ils sont équipés avec des moyens spécifiques, précise Franck, démineur à Colmar, notamment de cordages pour rentrer dans les cavités et descendre dans les gouffres ou dans les puits”.Pour le dernier obus, récupéré au niveau de la galerie qui monte à la cour de la Citadelle, cinq démineurs ont dû faire rouler la munition, l’attacher avec des sangles, pour ensuite la hisser dans une remorque. Comme la galerie est en montée, Norbert, spécialiste du déminage en milieu périlleux, était chargé de retenir l’engin de levage, appelé chèvre, grâce à une sangle attachée à une grille “sinon elle partait avec la pente”. Un autre engin, un tripode, a été utilisé pour la partie la plus plate.




