[!–>Dès son plus jeune âge, Christian Zacharias développe une véritable passion pour les arts visuels, « en particulier pour des artistes modernes comme Klee, Miró, Tà pies ou Chillida », souligne-t-il. Mais lorsqu'il s'agit de musique, il oppose une résistance nette à toute tentative de la décrire par des images. « Je suis contre tous les mots qui sonnent visuels. Des pas dans la neige, est-ce une image ? Non ! Pas de couleurs ! Le mot “couleursâ€, c'est le pire », s'exclame-t-il avec vigueur. Pour lui, ce type de vocabulaire trahit l'essence même du musical : « Les harmonies, les mélodies, ce sont des actions, des personnages ! »<!–>
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[!–>La musique, telle qu'il la conçoit, échappe ainsi aux catégories habituelles du langage. Elle n'est ni représentation ni traduction, mais expérience directe du temps présent : « Ma sonorité, par exemple, ne peut ni s'apprendre ni s'enseigner. C'est comme pour une chanteuse : son timbre est unique. Bien sûr, on peut parler de pédale, de technique… mais tout cela vient de l'oreille, de ce que le pianiste entend intérieurement et cherche à reproduire. » Il conclut, sans appel : « Pour comprendre, il faut écouter la musique. On ne peut ni la dire, ni la voir. »<!–>
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[!–>Fidèle à ses convictions, le pianiste est sans concession pour la musique. Au cÅ“ur de sa maturité artistique, lorsqu'il découvre Mozart, Schubert et Haydn, il abandonne Chopin, son premier coup de cÅ“ur musical. Il l’estime alors incompatible avec la quête de pureté stylistique qu'exige, selon lui, le répertoire des compositeurs allemands. « Mozart, Schubert, c'est plus difficile, car plus exigeant », affirme-t-il. Bien sûr, il reviendra plus tard à Chopin. Mais ce dernier lui paraît alors trop immédiatement séduisant, presque magique, une musique qui « sonne de suite », là où Mozart, au contraire, demande du temps, de l'attention, et se mérite.<!–>
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[!–>L’exigence, la minutie, la précision ne lui font pas peur. Le pianiste revient notamment sur sa collaboration avec le chef Sergiu Celibidache, terreur de certains solistes pour son sens du détail “un peu exagéré“, reconnait Christian Zacharias : “Son approche est déroutante, je connais bons nombres de pianistes qui ont été littéralement bloqués. Pour autant, sa vision cosmique de la musique m’a beaucoup apporté. Il enseigne comment suivre d’où vient l’harmonie, où est-ce qu’elle se résout. On se décentre totalement, il y a un véritable travail de déconstruction entre l’orchestre et le soliste, avec beaucoup de répétitions dans le travail.“<!–>
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