Αρχική Σόουμπιζ Ο μουσικός επόπτης, μυστικός τεχνίτης του κινηματογράφου

Ο μουσικός επόπτης, μυστικός τεχνίτης του κινηματογράφου

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Une table de mixage, une batterie de synthétiseurs. C’est aux studios Saint-Germain, à Paris, que nous retrouvons Pierre-Marie Dru : “C’est ici que nous avons enregistré en partie la musique d’Emilia Pérez, de Jacques Audiard. Le vrai luxe de mon métier, c’est dans la même journée de pouvoir passer d’un film d’auteur à un film pour enfants, un film d’animation”. Car Pierre-Marie Dru est “superviseur musical”, métier méconnu du grand public, qui consiste à coordonner du début à la fin la musique des films : “Nous sommes engagés par le producteur pour gérer tout le volet musical : les histoires techniques, juridiques, parfois artistiques. Comme on peut avoir un chef décorateur ou un chef opérateur, il y a une espèce de ‘chef de la musique’ qui doit gérer un ‘paquet de trucs’.” Un “paquet de trucs”, dont le choix de la musique : “Allons-nous choisir un orchestre symphonique, un quatuor à cordes, de la musique électronique ? Puis il y a tout ce qui concerne la musique additionnelle, celle que l’on achète. Nous aidons le réalisateur à négocier et à obtenir les droits des musiques qu’il veut utiliser.”Le superviseur joue aussi souvent l’entremetteur entre les compositeurs et les réalisateurs, sorte de casting musical que nous dépeint Pierre-Marie Dru : “Quand on cherche un premier rôle, on voit plusieurs comédiens et comédiennes. En l’occurrence, c’est un peu pareil : nous proposons plusieurs noms de compositeurs et compositrices au réalisateur, avec des liens pour écouter leur musique. Après, je leur recommande de les rencontrer, sans moi. Nous nous mettons d’accord sur un top 3. Quand les réalisateurs ont fait leur choix, ils commencent à travailler avec le compositeur, et à ce moment j’entre en jeu pour les aider. Mon objectif est de mobiliser les réalisateurs pour qu’ils pensent la musique comme quelque chose de vraiment important et sérieux. Souvent c’est le cas, et quand ça ne l’est pas, je les secoue un peu, et ça donne des résultats !”

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Forcément, Pierre-Marie Dru est passionné de musique, et se décrit comme “mélomane” depuis toujours : “Je suis d’une génération où on écoutait énormément de CD, je ne faisais que ça. J’avais une autre passion, le dessin et les maisons. J’ai donc étudié l’architecture. Puis à un moment j’ai compris que je n’allais pas être architecte. J’ai donc suivi une espèce de formation accélérée entre la musique et l’image.” Il se souvient d’un coup de foudre en visionnant Tout sur ma mère de Pedro Almodovar, et en y entendant la voix du chanteur sénégalais Ismaël Lô. Il débute son métier de “superviseur musical” en 2004, avec le film burkinabé Ouaga Saga.“À un moment, les choses se sont accélérées. En particulier avec un long-métrage qui m’a vraiment porté bonheur : J’ai perdu mon corps, un film d’animation. J’aime beaucoup travailler sur des films d’animation, car on a du temps pour réfléchir à la musique”, poursuit Pierre-Marie Dru. “Puis j’ai eu la chance de travailler avec Leos Carax sur le film Annette avec toute une équipe incroyable dont Clément Ducol, qui a orchestré la musique des Sparks. Clément a parlé de moi à Jacques Audiard, et ça m’a permis de travailler avec lui et la chanteuse Camille sur Emilia Pérez.”

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Fondateur de la société Pigalle Productions, Pierre-Marie Dru crée aussi en 2021 l’Association des Superviseurs Musicaux (ASM), qui en regroupe une quinzaine. Son objectif est de mettre en lumière ce métier de l’ombre, qui est assez récent : “Il y a eu besoin à un moment d’indépendants, de gens qui faisaient un peu le lien et qui pouvaient suivre du début à la fin une production. Il était assez pratique pour les producteur d’avoir quelqu’un pour gérer la musique. Parmi les superviseurs musicaux, il y a des musiciens, des chanteurs, des juristes… des gens d’horizons très différents.”Il s’agit aussi de défendre les métiers de la musique et du son dans l’industrie du cinéma. “C’est un secteur qui est aujourd’hui un peu fragile. Que ce soit les studios, les ingénieurs du son, les musiciens…” égrène Pierre-Marie Dru : “Les studios, notamment. Il n’y en a pas beaucoup, pas mal ont fermé. Il y a une explication économique : quand on n’a pas beaucoup d’argent, on préfère aller enregistrer plutôt à l’est de l’Europe. Pourtant, la France est un pays avec une grande culture de la musique à l’image. Il faut avoir conscience qu’il y a des choses à défendre.” Pierre-Marie Dru supervise la musique de quatre films présentés en ce moment à Cannes. Autre gros projet : la bande-originale du film Johnny, le biopic consacré au chanteur, dont le tournage commence le 1er juin.

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