Le puissant ministre de la Défense a été tué samedi dans l'attaque de sa résidence, les djihadistes et les rebelles ont attaqué simultanément plusieurs régions sans avoir été repérés, et il semble qu'ils ont pu étendre leur contrôle sur des pans entiers du pays.La prise de Kidal est hautement symbolique. Ce fief de la rébellion touareg a été reconquis en 2023 par l'armée malienne appuyée par les Russes, après onze ans entre les mains des partisans de l'Azawad, le nom donné par les rebelles à leur région. Cette victoire, acquise peu après le départ des Français et de la force des Nations Unies, avait renforcé le prestige du colonel Assimi Goïta, le chef de la junte.
La confiscation du pouvoir, avec la dissolution des partis et la nomination sans élections du chef de l'État, passe mal dans une partie de la population, souvent prise entre deux feux. Il y a quelques mois, Bamako a subi un véritable siège qui empêchait le carburant d'arriver des pays voisins. S'il est difficile de prédire si le pouvoir malien peut tomber, il est assurément en mauvaise posture.Le risque est double : d'abord pour le Mali, qui risque d'être morcelé entre les indépendantistes touaregs au nord, et les différents groupes djihadistes qui se disputent le territoire. Pour la région ensuite, car le GNIM, à la manœuvre au Mali, est un groupe affilié à Al Qaeda, qui a des visées régionales. Le Niger et le Burkina Faso, membres avec le Mali de l'Alliance des États du Sahel, seraient à leur tour visés en cas de prise de Bamako. Et au-delà les pays côtiers qui sont déjà menacés par des incursions djihadistes.
Depuis que la France était intervenue en 2014 pour sauver Bamako d'une colonne djihadiste, la contre-offensive française avait permis au Mali de reconquérir le nord qui lui échappait.Mais la suite n'a pas été à la mesure de ce succès initial, suscitant une frustration croissante qui a conduit aux putschs militaires, au départ des Français, remplacés par les Russes. Quatre ans plus tard, c'est de nouveau l'échec, pour le plus grand malheur des populations.




