La situation du centre pénitentiaire de Fond Sarail est une nouvelle fois pointée du doigt devant la justice. Lors d'une audience en référé, la section française de l'Observatoire international des prisons (OIP) a dénoncé plusieurs manquements graves au sein de l'établissement. Parmi les problèmes évoqués figurent la surpopulation carcérale, des sanitaires insuffisamment cloisonnés, des atteintes à la confidentialité des données médicales et des difficultés d'accès à la formation pour les détenus mineurs.
« Il y a eu un contrôleur des lieux de détention qui est venu en fin d'année 2025, qui a identifié un certain nombre d'irrégularités, tant sur des choses aussi simples que le cloisonnement des toilettes, des sanitaires, l'accès à la formation pour les mineurs ou tout simplement la confidentialité des données médicales, notamment pour les mineurs. »
Maître Gladys Démocrite, avocate et représentante de la section française de l'OIP · ©Thierry Philippe
Une quarantaine de mesures réclamées
Face à cette situation, l'OIP réclame la mise en place rapide de plusieurs mesures pour améliorer les conditions de détention. L'association demande notamment des réponses sur la suspension des permissions de sortie, mais aussi sur les mesures prises pour limiter les atteintes à la dignité humaine dans l'établissement.
Le Syndicat des avocats de France (SAF), également présent en Martinique et en Guyane, s'est mobilisé dans ce dossier pour soutenir la démarche.
« Ce qui est assez étrange, c'est que sur les 40 recommandations-mesures qui ont été sollicitées par la section française de l'Observatoire international des prisons, on s'est rendu compte en réalité que l'administration doit encore, dans le cadre du délibéré, produire un certain nombre de justificatifs, de mesures qui semblent avoir été prises, ou être en cours. Donc cela nous laisse assez perplexes. »
Maître Vérité Djimi, représentante du Syndicat des avocats de France · ©Thierry Philippe
Une décision attendue dans les prochains jours
Lors de l'audience, la présidente a demandé aux représentants de l'administration pénitentiaire de fournir des éléments complémentaires avant le 22 avril. Les différentes parties auront ensuite jusqu'au 28 avril pour répondre aux observations produites.
La décision du juge des référés est attendue le 30 avril.







