Αρχική Κόσμος Γεωπολιτική: η παράδοξη επιρροή του Ντόναλντ Τραμπ στην ευρωπαϊκή δεξιά

Γεωπολιτική: η παράδοξη επιρροή του Ντόναλντ Τραμπ στην ευρωπαϊκή δεξιά

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Il y a ce vieux débat d'épistémologie : est-ce qu'on peut vraiment formuler des lois, des principes stables pour comprendre la politique ?Il y a plusieurs réponses et plusieurs écoles, moi j'aime bien celle proposée par des politistes italiens qui affirment, avec une certaine élégance, qu'il n'y a pas de règle en politique — mais qu'il y a des régularités.Et depuis quelques mois, il y en a une qui devient difficile à ignorer. Alors ce matin, presque solennellement, je vous propose de lui donner un nom : l'Effet Trump.Définition : soit une trajectoire politique dans un champ donné aux caractéristiques connues — l'Effet Trump désigne une montée en intensité telle qu'elle provoque une transformation non linéaire et potentiellement catastrophique de cette trajectoire politique et du champ lui-même.Un exemple va rendre les choses beaucoup plus claires.Giorgia Meloni avait décidé très tôt de s'aligner sur Trump.Elle avait pris la parole aux grandes messes MAGA, elle s'était rendue à Mar-a-Lago avant-même son investiture — elle avait même demandé à son fils Donald Trump Junior d'écrire la préface de son livre en anglais : I AM GIORGIA.Son pari était simple : devenir, par proximité idéologique, la courroie de transmission de l'Europe avec la nouvelle Maison-Blanche.Le problème c'est que ce deuxième mandat de Trump n'a plus grand-chose de transactionnel : on n'est plus dans le deal mais dans le rapport de force — dès lors s'afficher en « deal maker » expose à des risques…Au plus fort de la crise au Groenland, Meloni disait continuer espérer un prix Nobel pour le président américain.Or le coût politique de ce positionnement est devenu intenable.Malgré de bons sondages et une stabilité gouvernementale inédite, Meloni a perdu nettement son référendum constitutionnel il y a un mois.Depuis, sous la pression intérieure, elle enchaîne les revirements.Sur l'Iran, sur Israël, elle se retrouve aujourd'hui — paradoxalement — plus proche du socialiste Pedro Sánchez — devenu entre-temps la figure préférée des Italiens — que de la Maison-Blanche.Le président américain s'en est d'ailleurs rendu compte cette semaine et a attaqué Meloni pour la première fois, se disant « sous le choc ».Et là, un autre paradoxe apparaît : ces attaques — ces attaques qui proviennent de celui qu'elle avait présenté comme son plus grand allié — ne l'affaiblissent pas, mais la renforcent.Parce que Trump n’a rien d’une figure politique normale.Son impact ressemble moins à celui d'un chef d'État étranger qu'à celui d'une machine médiatique : il est partout, sur nos écrans, dans nos conversations.Il provoque « un nouveau clivage géopolitique » — selon les mots de Jean-Yves Dormagen dans le Grand Continent — finissant par politiser même ceux qui ne s’intéressent pas à la politique.Alors soyons clairs : la crise populiste n'a pas disparu.Ses raisons profondes sont toujours là — parfois même plus fortes.Mais le deuxième mandat de Donald Trump produit avec régularité un effet inattendu : il devient un frein électoral pour ses propres alliés en Europe.Au lieu d’accélérer la dynamique bien réelle des extrêmes droites, le président américain la complique. On le voit en Italie — on l’a vu en Hongrie, où l’effet Trump a contribué à la défaite de Viktor Orbán après 16 ans de domination.